Quand une mère qui allaite arrive au terme de son congé de maternité et souhaite poursuivre son allaitement en reprenant le travail, elle doit recueillir, conserver et acheminer son lait sur le lieu de garde de son enfant. Dans ce parcours, elle est soumise à des obligations strictes, le lait maternel étant jusqu'à maintenant considéré comme un produit alimentaire comme les autres, ce qui est loin d'être le cas. Sur quelles données scientifiques reposent les recommandations qui sont aujourd'hui encore imposées par
les organismes officiels ?
Nombre de travaux publiés ces dernières années montrent que le lait de mère est un produit vivant doté d'un pouvoir unique d'autoconservation grâce aux facteurs immunitaires qu'il contient, tant moléculaires que cellulaires et que les normes imposées sont trop restrictives. S'appuyant sur ces notions, des associations de soutien à l'allaitement diffusent des normes élargies, ce qui crée une ambiguïté par rapport aux exigences de l'ANSES auxquelles sont soumis les parents et les EAJE (établissements d'accueil de jeunes enfants). Il serait donc nécessaire de clarifier les consignes données en les ajustant à l'état actuel des connaissances.
C'est d'autant plus nécessaire que la France présente un triple handicap : taux d'allaitement cruellement bas après 2 mois, congé post natal dissuasif par sa faible durée et trop peu de crèches d'entreprise qui pourraient permettre aux mères d'allaiter sur le lieu de leur travail. Réviser les conditions de conservation et de circulation du lait maternel pourrait faciliter et encourager les mères à ne pas sacrifier leur allaitement en reprenant leur travail.
Même élargies et assouplies, les recommandations proposées ne sont applicables que soumises à des conditions préalables :
Ces règles ont validité universelle et permanente pour la vie quotidienne de l'enfant.
Elles ne s'appliquent pas aux enfants prématurés et hospitalisés, soumis aux conditions du service qui les accueille.
Le freezer est un mode de conservation qui ne peut être statué car peu fiable et trop variable. Il est assimilable au réfrigérateur.
Le lait frais est de qualité supérieure au lait congelé, lui-même toujours supérieur au lait industriel.
Les délais de conservation du lait frais ne justifient pas le recours systématique à la congélation.
La décongélation ne doit jamais être faite au micro-ondes pour préserver les qualités du lait. Elle peut être spontanée et lente au réfrigérateur ou plus active sous un filet d'eau tiède. Il est recommandé de fractionner le lait à congeler pour en faciliter la décongélation préalable à son utilisation.
Après sortie du congélateur, s'il est maintenu au réfrigérateur, il peut être consommé dans les 24h.
D'une durée limitée à un déplacement, il se fait au mieux en sac isotherme réfrigéré qui permet une conservation au moins équivalente à celle à la température ambiante.
Un biberon de lait maternel entamé peut attendre au réfrigérateur le prochain repas, au plus dans la journée, sans risque de prolifération bactérienne.
